L’impossible zéro déchet

Les limites de l’achat en vrac

Et bim! Ca cause d’un sujet sérieux pour le centième article. Vous êtes prêt(e)s?

* Met ses lunettes de Père Castor sur le bout du nez *

En un siècle, l’industrie agroalimentaire a connu un vrai boom, modifiant durablement les habitudes d’achat et de consommation. Exit les potagers dans les jardins, les plats tous faits maison, les produits systématiquement en circuit court.

Même si on tend à un retour de ces habitudes d’antan, force est de constater que le chemin reste long – et complexe – pour y parvenir.

En effet, aujourd’hui il est assez simple de trouver des produits bio… et des non bio. Sous plastique, ou dans du carton, ou bien en vrac. Du liquide, du solide. De l’importé, du made in France, du local.

Il y a de tout! Mais pas en même temps. Alors il faut parfois choisir. À quoi donner la priorité?

La santé?

Le sans plastique? L’écologie?

Le budget?

L’origine du produit? Les conditions de travail liées?

La saisonnalité? L’impact environnemental?

Malheureusement, l’offre n’est pas toujours cohérente ou suffisante, et nous conduit parfois à des non-sens. Exemples:

  • des légumes bio mais sous plastique
  • un fruit de saison mais produit à l’étranger et/ou sous serre, pour être proposé à un prix plus compétitif
  • un produit disponible en vrac mais pas bio
  • un produit dans un magasin anti gaspi, cultivé localement mais pas bio et sous plastique
  • un produit naturel, sans emballage et fait en France mais qui coûte trois à quatre fois plus cher que dans la grande distribution

Alors, qu’est-ce qu’on choisit?

Déjà, mettons nous d’accord sur un point: peu de personnes parviennent à vivre au quotidien sans aucun déchet. Les familles qui affichent leurs déchets non recyclables des six derniers mois dans un bocal en verre, c’est mignon et c’est bien pour la planète. Mais dans les faits je trouve ça illusoire et décourageant pour les personnes qui sont en transition vers moins de déchets.

Budget serré, manque de temps, manque de place, pas de jardin, manque de magasins bios aux alentours… les freins sont nombreux. Sans compter que l’on peut, malgré ses convictions, ne pas avoir l’envie, le courage, ou ne pas se sentir prêt à être aussi « radicalement » écolo au quotidien.

À choisir entre une consommation « classique » ou zéro déchet, je pense être plus proche de cette dernière. Cependant, je ne sais pas si j’arriverai un jour à réaliser l’intégralité de mes courses en vrac.

Pour la petite histoire, j’y suis allée pas à pas, en commençant par ce qui me semblait le plus simple:

  • les fruits et légumes
  • les céréales (riz, boulghour, quinoa…)
  • le pain et les viennoiseries
  • les graines et les légumineuses (amandes, noisettes, haricots rouges, etc)
  • les oeufs
  • les produits de traiteur (pâtes fraîches par exemple)
  • la viande, le poisson, la charcuterie

Il me reste des produits pour lesquels je n’arrive pas à sauter le pas: le prix en vrac est trop élevé; le produit ne peut pas être conservé longtemps en vrac (crème fraîche), l’aliment en question est difficile à trouver en vrac et contraignant à faire maison (pâte à tartiner, lait entier pour yaourts)

Grosso modo, voici ce que je continue d’acheter dans des emballages:

  • sauces, condiments, épices
  • produits pour préparations culinaires (pâtes pour tartes, feuilles de lasagnes, wraps de blé…)
  • produits laitiers (crème fraîche, lait entier, yaourts nature, lait végétal, beurre, fromage)
  • pâtes à tartiner et miels
  • produits pour pâtisserie (farine, sucre, arômes, levures)
  • certaines conserves pour dépanner (sardines, petits pois, champignons)
  • boissons alcoolisées

Ça peut paraître beaucoup, mais ce ne sont pas les produits consommés quotidiennement pour la plupart, donc ce n’est pas ce qui compose l’essentiel de mon « panier ».

À dire vrai, il m’arrive même de régresser: lorsque j’achète des aliments en magasin anti gaspi, c’est souvent sous plastique.

C’est un exercice d’équilibriste sans fin.

Acheter un article non bio sous plastique chez Nous me permet d’économiser pour acheter derrière un autre produit bio en vrac.

Le tout est alors de savoir ce qu’on priorise. Pour ma part, je privilégie au maximum les produits bio et locaux, car cela impacte positivement notre santé et l’écologie. Parfois, il y a du plastique, ce qui est un non sens, mais bon…


Il y a un an, je me serais fustigée et pris la tête. À présent je me dis que c’est déjà pas mal et que j’en fais sans doute plus que le consommateur lambda (sans prendre le melon, hein! Haha)

3 réflexions au sujet de « L’impossible zéro déchet »

  1. Bonjour,
    Je suis d’accord avec les limites de la pratique du moins de déchet, si on peut appeler ça « pratique car dans les faits, c’est vraiment se compliquer la vie (rien qu’avec le nombre de boutiques à faire pour tous les achats). J’ai la chance d’avoir enfin trouvé un magasin (de producteurs) qui propose du lait dans des bouteilles consignées : fini de jeter les bricques de lait ! Je fais mes yaourts avec, au moins une vingtaine par semaine donc je suis ravie d’avoir enfin trouvé. Le fromager me met sa crème fraîche dans mon pot et me coupe des morceaux de sa motte de beurre pour les mettre dans mes boîtes. Idem avec son fromage. Et on fait de la bière ! En gros, ce que j’achète encore emballé c’est le café (celui en vrac est vraiment beaucoup trop cher), le PQ et les produits d’hygiène (dentifrice, shampoing) que je ne fabrique pas (encore). Le terreau aussi, les croquettes pour chat ainsi que les pellets pour la litière… et pour le bricolage misère : tout est emballé voire suremballé dans du plastique et carton !

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    1. Je suis bien d’accord, une fois qu’on sort de l’alimentaire il est difficile d’éviter les emballages :/ J’ai vu des croquettes et de la litière en vrac, ça commence à se trouver. Pour l’hygiène on en parle de plus en plus, des solutions existent (mais sont plus chères ou chronophages).
      Pour le bricolage, est-ce qu’on parle des activités genre poterie, faire des bijoux etc, ou plutôt retapisser un mur? Remarque, dans les deux cas, il y a souvent trop de plastique!

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      1. Je parle du bricolage dans la maison, ce que nous pratiquons beaucoup. J’ai vu des clous et vis vendus en vrac, mais c’est bien tout. Côté litière, jachète des pellets (qu’on met normalement dans un poêle), comme ça je peux tout mette au compost. Mais ça ne plait pas trop à la minette…

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